Le représentant d’Haïti à la phase de poule de la Ligue des Champions de la Concacaf 2016-2017 est en passe de réaliser, contre toute attente, une saison blanche. Par-dessus tout, les dirigeants, l’air motivé, laissent entendre qu’ils ont appris beaucoup de choses. A ce sujet, la secrétaire générale du Don Bosco FC, déjà inscrit à la CFU Championship 2017, a fait savoir que l’équipe était prête à se sacrifier, se dépasser et tout donner afin de vendre une meilleure image du foot haïtien à l’étranger. Lisez l’interview exclusive de Marie-Elise Obas !

Marie-Elise Obas, Secrétaire Générale du Don Bosco FC

Ticket Sport : Cela vous dit quoi au juste, le fait de représenter Haïti à la phase de poule de l’édition 2016 – 2017 de la Ligue des Champions de la Concacaf ?
Marie-Elise Obas : Pour nous autres, au sein du Don Bosco FC, ça été une grande fierté d’avoir eu la possibilité de représenter Haïti à la phase de poule de la Ligue des Champions de la Concacaf. Si je ne m’abuse pas trop, le Don Bosco FC, après le Valencia FC, est la deuxième équipe haïtienne ayant pris part à la nouvelle version de cette exigeante compétition. Sans vous cacher, on a appris beaucoup de choses. A dire vrai, toutes nos attentes n’ont pas été comblées. Cependant, au terme de cette compétition, nous nous sentons mieux armés, vu les expériences acquises, pour réaliser, l’an prochain, une meilleure participation à cette compétition.

TS : Pouvez-vous situer votre équipe au vu de sa prestation d’ensemble dans la plus lucrative compétition au niveau de club dans la zone ?
MEO : Vu nos résultats face à Monterrey (Mexique : 0-3 et 3-0) et Arabe Unido (Panama : 2-5 et 2-0), je me suis dit qu’il nous reste encore beaucoup de choses à faire. Dans certains matchs, l’équipe n’a pas été du tout ridicule. Cependant, par notre manque d’expérience à cause des erreurs grossières, nous avons perdu certaines rencontres qui étaient pourtant à notre portée. Ce que nous projetons de faire (staff technique, joueurs et certains dirigeants), c’est de revivre ces rencontres, disputées dans la Ligue des Champions afin de pointer du doigt nos manquements. Ce faisant, nous aurons la possibilité d’apporter certaines améliorations. Nous sommes résolus et déterminés à préparer une équipe compétitive capable de traiter d’égal à égal avec les ténors de la zone.

TS : Certains observateurs pensent que la mise à pied de certains éléments clés dans l’effectif de votre équipe explique en partie la mauvaise passe (toutes compétitions confondues) du Don Bosco FC. Abordez-vous la question dans le même sens que ces mordus du foot ?
MEO : Effectivement, nous avons écarté certains joueurs au beau milieu de la saison. Il est fort possible que ça a eu un effet sur le groupe. A bien des égards, nous avons péché. Cependant, pour atteindre le haut niveau, il vous faut avoir affaire avec des joueurs disciplinés. Prendre part à une phase finale de la Ligue des Champions n’est pas une chose facile. Il vous faut des ressources financières et humaines pour y arriver. Vu notre objectif et notre rêve, nous sommes déterminés à travailler, et apprendre de nos erreurs et mettre en application les leçons apprises afin qu’on aille de l’avant.

TS : Vous insistez sur le mot « apprendre ». Alors, qu’est-ce que vous avez appris au terme de la participation de votre équipe à la Ligue des Champions de la Concacaf ?
MEO : Par exemple, on a appris qu’un petit moment d’inattention dans un match peut faire une grande différence au niveau du score. La prudence et la rigueur doivent être de mise dans une rencontre. Il nous faut des joueurs capables de mettre le ballon au fond des filets. Sur le plan administratif, on doit repenser notre structure de club. On n’a pas à respecter toutes les exigences de la CFU ou de la Concacaf. Lors de nos voyages au Mexique et au Panama, ces équipes sont passées outre à ces exigences. Ainsi, nous avons fait, lors du tournoi de la CFU, de grosses dépenses. On peut mieux gérer et mieux organiser les dépenses l’an prochain.

TS : Est-ce que le Don Bosco FC, éliminé sans engranger le moins de points possibles dans la C1 de la Concacaf et en ballotage pour une place aux play-offs du tournoi de fermeture, disputera la CFU Championship 2017 ?
MEO : Il faut dire que le droit de disputer la CFU Championship 2017 revient au FICA ou au Baltimore SC. Cependant, ces deux équipes, pour une raison ou une autre, décident de ne pas y participer. Voulant rester en contact avec le haut niveau, nous en avons profité pour inscrire notre équipe. On attend la décision des autorités caribéennes.

TS : En termes clairs, pourquoi le Don Bosco FC, structurellement pauvre, veut jouer à tout prix cette compétition ?
MEO : C’est un espace d’apprentissage. On désire de jouer la CFU Championship, car c’est la route par laquelle on peut atteindre la Ligue des Champions de la Concacaf. Le niveau de notre championnat national est très bas, jouer ces compétitions va nous permettre d’atteindre le haut niveau. On a beaucoup appris sur le plan structurel et organisationnel. On est en mesure d’organiser, à présent, un match de standard international. C’est tout un système. On a appris à mieux structurer et à mieux préparer nos compétitions.

TS : Ne pensez-vous pas qu’il vous faut un groupe élargi pour disputer à la fois le championnat national de D1 et la Ligue des Champions de la Concacaf ?
MEO : Disons que oui. On a fait une très mauvaise expérience dans la CFU Championship. Au fait, en sortant de Trinidad en passant par la République dominicaine pour atteindre Haïti, un jour après, on était du côté de Cap-Haïtien afin de jouer le championnat national. On va travailler avec un groupe plus élargi afin d’être plus compétitif. Nos joueurs ne sont que des amateurs. Par-dessus tout, certains d’entre eux ne se sont pas donnés au maximum pour l’équipe. On va établir une sorte de discipline de groupe. On va s’entraîner deux fois par jour et aller au gymnase de façon régulière. On va mettre beaucoup d’accent sur l’aspect disciplinaire.

Ticket Sport : S’il fallait placer un petit mot pour les multiples fans du Don Bosco FC, vous leur direz quoi au juste ?
Marie-Elise Obas : Aux fans, j’ai compris leur attente. Cependant, il faut qu’ils sachent que l’équipe a besoin de leur support, et ce, à tout point de vue. Ce que je peux leur promettre, on va travailler pour qu’on ait une équipe forte, compétitive et proactive sur les différentes compétitions à l’échelle nationale et internationale. On a un projet : celui de mettre sur pied un fan club, doté de plus de 2000 personnes, issus de divers endroits dans le monde. Sur une année, chacun d’eux peut nous donner, par exemple, 100 dollars US. Ce faisant, l’équipe aura la possibilité de mieux gérer ses joueurs. Ces derniers méritent toutes nos attentions et tous nos encadrements.

Le Nouvelliste

Leave a comment